Grâce aux Réserves du Massereau et du Migron, près de 700 hectares de zones en eau, roselières, prairies humides, haies ou saulaies sont conservés et protégés des influences humaines, notamment de la chasse ou de sur-fréquentation. Cette quiétude, associée à une localisation privilégiée (entre Brière et Lac de GrandLieu) sont à l'origine d'importants stationnements d'oiseaux en période hivernale, de la présence de nombreuses espèces nicheuses en période de reproduction ou en halte migratoire. En plus des oiseaux, des dizaines d'espèces de Mammifères, Reptiles, Amphibiens, Poissons, Invertébrés ou Végétaux trouvent là des conditions favorables à leur développement.  


 La Sarcelle d'hiver, emblème du Massereau

Ce petit canard qui se reproduit dans les pays d'Europe du Nord ou de l'Est vient passer tout ou partie de l'hiver dans le Sud-Ouest de l'Europe. L'Estuaire de la Loire constitue le deuxième site d'hivernage français de cette espèce, juste derrière la Camargue. Au plus fort de la saison, le stationnement de ce canard très coloré sur les remises (étangs) du Massereau peut atteindre plusieurs milliers d'individus. Depuis sa création toute récente, la réserve du Migron accueille également plus d'un millier de Sarcelles en hiver. De nombreux autres anatidés hivernent au Massereau, notamment plusieurs centaines de Canards colverts, souchets, chipeaux ou pilets. D'autres sont un peu moins abondants, comme le Canard siffleur ou le Fuligule milouin.


La discrète Bécassine des marais

Encore une espèce qui hiverne en grand nombre dans l'Estuaire de la Loire et nous quitte progressivement au retour des beaux jours. Ce petit échassier se nourrit principalement dans les prairies pâturées ou fauchées légèrement inondées. Le plus souvent, c'est quand elle décolle qu'on la repère. Bien que ses effectifs soient difficiles à estimer, c'est probablement plusieurs milliers de Bécassines qui fréquentent en hiver l'Estuaire de la Loire. D'autres limicoles (petits échassiers) sont également réguliers sur les Réserves du Massereau et du Migron : Bécasseaux variables, Chevaliers combattants et gambettes, Courlis cendrés, Barges à queue noire, Vanneaux huppés, Pluviers dorés...


Hérons, Spatules, Aigrettes et Cigognes : les grands voiliers de l'Estuaire

Dans la saulaie du Massereau nichent près de 550 couples de Hérons cendrés, gardeboeufs et Aigrettes garzettes, ce qui en fait la plus grande héronnière (colonie de hérons) de l'Estuaire. Spatule blanche et Grande aigrette ne semblent pas nicher au Massereau, mais l'augmentation des effectifs de ces espèces et la régularité des observations sur le site incitent à l'optimisme pour l'avenir. Par ailleurs, 4 plate-formes artificielles accueillent 3 couples de Cigogne Blanche depuis de nombreuses années. L'Ibis sacré, espèce introduite, est aussi bien présent. D'autres grands échassiers sont plus rarement observés : Bihoreau gris, Héron pourpré, Butor étoilé, Crabier chevelu, Cigogne noire ou Ibis falcinelle notamment.


Les passereaux paludicoles, hôtes des roselières

C'est sous le terme un peu barbare de "passereau paludicole" que l'on désigne les petits oiseaux qui nichent dans les roselières, grandes étendues de roseaux. Deux études menées en 2006 et 2008 par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, la Ligue pour la Protection des Oiseaux et le GIP Loire-Estuaire ont montré le rôle singulier joué par l'Estuaire de la Loire dans l'accueil des populations nicheuses de Gorgebleue à miroir, Rousserolles effarvate et turdoïde, Phragmite des joncs, Locustelle luscinioïde, Bruant des roseaux ou Panure à moustaches. Les Réserves du Massereau et du Migron accueillent des populations non négligeables de ces espèces, dont certaines sont très menacées. Par ailleurs, grâce aux camps de baguage de Donges et du Massereau, le rôle des roselières de l'Estuaire comme halte migratoire d'autres espèces non nicheuses localement, comme la Rémiz penduline ou le très rare Phragmite aquatique, est désormais reconnu.


Le Râle des genêts, un chanteur dans la nuit

Espèce naguère présente dans presque toute la France, le Râle des genêts a connu une régression peu commune de ses effectifs (estimée à 70% en 20 ans) et de sa distribution. Hôte des prairies pâturées ou fauchées, il est particulièrement sensible aux fenaisons précoces, qui déciment les oeufs et les poussins. La population des îles du Sud-Loire semble se maintenir autour d'une vingtaine de mâles chanteurs, principalement répartis sur le Massereau et Belle-île. L'année 2009 a toutefois vu les effectifs de cette espèce dans des proportions considérables. D'autres oiseaux inféodés aux prairies sont également bien présents : Tarier des prés et Tarier pâtre, Bergeronnette printanière, Alouette des champs, Cisticole des joncs ou Pie-grièche écorcheur notamment.


Les Rapaces, prédateurs du ciel

Les Rapaces sont omniprésents sur les Réserves du Massereau et du Migron. Epervier d'Europe, Faucon crécerelle et Busard des roseaux, nicheurs sur le site, sont observés presque quotidiennement. Le Milan noir, après avoir passé l'hiver au dessus des lacs africains, revient dès mars parader puis nicher au Massereau. L'hiver le Faucon émerillon est furtivement observé tandis que le Faucon pèlerin s'adonne à des chasses spectaculaires. Au printemps ou en fin d'été, le magnifique Balbuzard pêcheur est de passage, et à la belle saison, le Faucon hobereau capture des Libellules. Enfin, la nuit, les prairies et haies du Massereau résonnent du chuintement de la chouette effraie, du hullulement de la Chouette hulotte et du chant monotone du Hibou moyen-duc.  


Renard, Blaireau, Loutre, Genette et autres mammifères

Chez les Mammifères, notons la présence et l'abondance des petits carnivores : Renards, Blaireaux, Hermines, Belettes sont bien représentés. Plus discrète, la Genette ne se laisse jamais apercevoir. Jadis particulièrement menacée, la Loutre laisse quelques unes de ces traces autour du Canal. Le Chevreuil, peu abondant est observable au Massereau. La présence du Sanglier ne va pas sans poser des problèmes.

Reptiles et amphibiens

Mares, étangs, douves, prairies humides sont autant de supports pour la reproduction des amphibiens du Massereau et du Migron. Grenouilles agiles et vertes, Rainette verte, Pélodyte ponctué et Triton palmé sont quelques unes des espèces qui peuplent les deux réserves. Une étude menée en 2009 a permis de préciser le statut de ces différentes espèces. On notera avec intérêt la présence de la Grenouille de Lessona au Massereau et du Crapaud calamite dans la Réserve du Migron. Chez les Reptiles, notons le Lézard vert, la Vipère aspic, les Couleuvres d'Esculape et Vipérine, laquelle semble désormais assez localisée en Loire-Atlantique.


Libellules, Papillons et Coléoptères...

De nombreuses espèces d'odonates (Libellules, Demoiselles), de Coléoptères (Rosalie des Alpes, Petit Capricorne) ou de Papillons (Vulcain, Gazé, Cuivré, Paon du Jour, Morio...) profitent de la mosaïque de milieux en bon état de conservation. Il est probable d'ailleurs que le nombre de ces espèces présentes au Massereau et sur le Migron est plus élevé que ce que nos connaissances actuelles autorisent à penser.


Angélique et Fritillaire, fleurons de l'Estuaire 

La diversité des milieux, les gradients d'inondation et de salinité sont à l'origine d'une grande diversité d'espèces végétales. Dans les secteurs les plus inondés dominent Roseau, Phalaris, Scirpes, Carex et Glycérie. Dans les prairies fleurit la Guimauve, parmi de nombreuses graminées. Les haies sont principalement constituées de Frêne. Près de l'Ecluse des Champs Neufs pousse l'Angélique des estuaires, endémique des estuaires de l'Atlantique, et sur les prairies du bord du Canal éclot la Fritillaire pintade, sorte de tulipe sauvage.


Apprenez à reconnaître les oiseaux de l'Estuaire de la Loire en téléchargeant les deux posters ci-dessous !

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